- Bienvenue à Surf City,
temple du Surf Business
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- C'est à Torquay, petite bourgade
endormie près de Melbourne qu'une bande de surfeurs hippies
a inventé le surf business à la fin des années
soixante. Aujourd'hui moins de cent mètres séparent
Rip Curl, Quiksilver et consoeurs qui prospèrent toujours
sur la « Surfcoast Highway ». Enquête sur place,
alors qu'une page de l'histoire de la glisse est sur le point
d'être tournée.
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- Texte et photos Jean-François
Vibert
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- Arrivée à Bell's
Beach au petit matin, après trente heures de voyage. Du
parking, on surplombe le site de l'une des plus mythiques compétitions
du World Tour. Échoué dans un coin, un vieux pick-up
rouillé, d'où sort un chevelu hirsute une planche
sous le bras, « Hey mate ! », c'est comme ça
qu'on se salue entre surfeurs australiens. Plus loin, les occupants
d'un Combi WV planquent leurs couvertures : « Il est interdit
de camper ici ». Surfeurs ou pas, les « Aussies »
ne plaisantent pas avec le règlement, d'autant que demain
commence la 30e édition du Bell's Rip Curl Pro. L'élite
du surf est au rendez-vous pour se disputer les 250.000 $ US
promis au vainqueur.
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- Sur le Parking
de Bell's Beach
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- Bell's Beach,
la plage qui a vu naître le surf business
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- Marchands de glaces, pompiers,
membres du Rotary, toute la ville est mobilisée - La star locale, Mike Fanning vainqueur
en 2001, tente d'ignorer la pression qui pèse sur ses
épaules de vingt ans. Pas facile alors que sa photo qui
illustre l'affiche de l'événement a été
placardée dans tout l'état de Victoria par son
employeur Rip Curl, organisateur de l'épreuve. Premier
du circuit WQS 2001, salué par le magazine US «
Surfer » comme Meilleur Performer de l'année et
sacré Meilleur Surfer 2001 par les « Action Sports
Awards », le jeune Mike est l'étoile montante du
circuit. Son salaire est top secret mais le chiffre qui se chuchote
sur les plages fait déjà rêver une génération
d'adolescents. On les comprend, tous préfèreraient
surfer riches au soleil plutôt que s'ennuyer pauvres au
lycée.
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- Sunny Garcia
(de dos avec les tatouages) face à Johana Beach
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- Shopping session à
« Surf-City » - L'organisation
est à l'australienne, courtoise mais implacable. Pour
l'instant on installe des clôtures pour parquer les milliers
de voitures attendues, il faut payer 1,8 euros pour se garer
et 6,7 euros pour accéder à la plage. Des toilettes
et des poubelles à tri sélectif sont installées
partout, ici plus qu'ailleurs le surf se doit d'offrir une image
irréprochable. Le règlement autorise l'organisateur
à suspendre au besoin l'épreuve afin d'attendre
les conditions optimales, les vagues étant modestes c'est
justement la décision prise dès le premier jour.
Spectateurs, surfeurs du dimanche et familles en vacances désertent
donc la plage, direction Surf City sur la « Surfcoast Highway
», pour faire le tour des plus somptueux surfshops d'Australie.
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- Johana Beach
qui accueil parfois la compétition.
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- Mick Fanning,
étoile montante du circuit et star locale
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- La chasse aux autographes
est ouverte - Les champions
étant mis à contribution par leurs sponsors, des
dizaines d'adolescentes trépignent, impatientes d'obtenir
une « surfistique » signature ou l'esquisse d'un
sourire Hawaïen. Les surfeurs vétérans de
Torquay se régalent de cette scène digne de Disneyland,
pour ceux qui ont connu « le bon vieux temps » des
premiers surfshops de la ville, le contraste est saisissant :
« Dire que l'on a eu nos premiers feux rouges il n'y a
pas si longtemps » ! Ils ignorent sans doute qu'à
l'issue de ce week-end, la recette du plus grand magasin avoisinera
le million de dollars Australiens, (soit 603.620 euros, quasiment
4 millions de francs).
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- Shop Rip Curl
à Torquay
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- La surfcoast
Higway, artère principale de Torquay bordée de
surfshops.
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- Coeurs chauds en eaux froides
- C'est justement au
« bon vieux temps» de 1969 qu'il faut remonter pour
comprendre comment on en est arrivé là. Deux jeunes
surfeurs, Brian Singer et Doug Warbrick tentent de vivre de leur
passion, « j'étudiais les mathématiques se
souvient Brian, un matin alors que je me rendais à un
examen, j'ai remarqué des vagues sublimes. J'ai vite fait
demi-tour pour aller surfer à Bell's. Adieux les études
! Par la suite j'ai dû faire de nombreux petits boulots,
comme ramasser les poubelles sur la plage. C'était pratique,
sitôt le job fini je pouvais retourner à l'eau.
Plus tard nous nous sommes lancés dans la fabrication
de surfs. Mais nous avons réalisé que le problème
ici n'était pas le manque de surf ou de vagues mais bien
la température de l'eau ».
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- Shopping session
en attendant les vagues.
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- Steve Clancy
conservateur du musée du surf
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- Situé au sud du continent,
le Victoria ne bénéficie pas d'une météo
clémente - Contrairement
à l'autre berceau du surf Australien, la Gold Coast où
règne un éternel été. « Ici
il existe quatre saisons, le plus souvent dans la même
journée » ironisent les locaux. « Une seule
marque américaine fabriquait des wetsuits qu'il était
difficile de se procurer, nous devions donc en fabriquer, pour
cela nous avons acheté une vieille machine à coudre
d'avant-guerre. Quelques années plus tard, des Hawaiiens
nous ont écrit pour commander nos wetsuits, notre réputation
était faite et l'industrie du surf allait commencer à
se développer ».
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- Mick Fanning,
dans une des manoeuvres aériennes dont il est spécialiste
|
- Seul face à
Bell's Beach
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- Boostés par l'effet
cluster - Toutes proportions
gardées, la suite de l'histoire ressemble à celle
de la Silicon Valley Californienne. On parle « d'effet
cluster », une ou deux compagnies prospèrent et
favorisent l'émergence d'un écosystème industriel.
Apparaissent alors de jeunes pousses (start-up), fondées
par d'ex-salariés des premières. Leurs naissances
et leurs faillites successives permettent d'absorber en douceur
les flux et reflux d'un marché en plein développement.
Parfois il arrive que les secondes dépassent leurs aînées.
Ainsi, Allan Green un des fondateurs de Quiksilver fut-il employé
par la jeune société Rip Curl à ses débuts.
« À cette époque Rip Curl se consacrait à
la fabrication de wetsuits, nous explique John Law l'autre co-fondateur
de Quiksilver.
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- Doug (Claw)
Warbrick à gauche, au milieu de ses souvenirs. A doite
Brian et Claw revieinnent sur la plage de leur jeunesse. Difficile
de savoir qui est la tête pensante de Rip Curl. Officiellement
on ne communique pas sur la question, pas plus que l'on ne livre
aucun chiffre sur la richesse de la société ou
celle de ses fondateurs. Côté boulot, Brian n'est
pas facile à convaincre nous ont avoué certains
cadres de la boite, mais quand une décision est prise,
il faut s'y tenir. Il incarne la rigueur au sein de la société.
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- Mais Allan voulait fabriquer
des shorts spécialement adaptés au surf - Il a donc quitté la société
pour lancer sa propre marque ». Et Doug Warbrick précise
même, « il est parti de chez nous avec notre bénédiction
». Un accord tacite interdisant aux uns de fabriquer des
wetsuits, et aux autres de s'occuper de board-shorts fut même
respecté très longtemps. Bien qu'au fil des années,
Quiksilver et Rip Curl soient finalement devenues concurrentes,
la légende locale veut que les amis de trente ans s'entendent
toujours bien et continuent de se respecter. Ainsi, de vagues
en vagues et de modes en modes, les surfeurs hippies des «
années pétard », ont-ils vu leurs bébés
prospérer au point de devenir de véritables multinationales.
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- Dernière
tendance du surf pro : prendre de la hauteur
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- Surf shop de
Torquay digne d'une caverne d'Ali Baba
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- Au pays des surfeurs milliardaires
- Le plus bel exemple
de réussite du secteur est peut-être la licence
américaine de Quiksilver qui a racheté sa maison-mère
Australienne et qui est aujourd'hui cotée à Wall
Street. Dire que ce serait à la suite d'un pari qu'elle
aurait été accordée en 1976 au champion
de surf américain Jeff Hackman Rebaptisée Quiksilver
Inc, elle est aujourd'hui tenue - cotation oblige - de publier
officiellement ses résultats : avec plus de 161 millions
d'euros (plus de un milliard de francs) de ventes mondiales pour
le seul premier trimestre 2002, elle devancerait de loin ses
poursuivantes. Sa voisine de Torquay Rip Curl, qui emploierait
quelque 1000 personnes dans le monde dont 300 en Europe occuperait
le 4e rang mondial avec près de 200 millions d'euros annuels
de chiffres d'affaire. Performance honorable mais officieuse
! Car comme se plait à l'expliquer avec un sourire contenu
Doug Warbrick, « Nous sommes une entreprise privée,
nous ne sommes donc pas tenu de publier nos résultats
».
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- A gauche, John
Law co-fondateur de Quiksilver. A droite, optimisation des prototypes
à l'usine Rip Curl
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- À défaut de
courbes, de camemberts et de tableaux plus parlants, la saga d'un seul homme peut aider à
donner la mesure de l'extraordinaire réussite des surfeurs
Australiens. Fondateur de Billabong sur la Gold Coast en 1972,
Gordon Merchant a en partie revendu sa société
à deux avocats australiens permettant son introduction
à la bourse de Sydney en l'an 2000. Ses actions qui valaient
1,2 euros en août 2000, ont grimpé à presque
6 euros en février dernier. En conséquence il serait
actuellement le premier milliardaire du surf en dollars Australiens
(1 $ Au. vaut 0,6 euros). « Cet évènement
ne l'a pas changé assure Stephan Weinhold, brand-manager
de la filiale européenne. Il continue à se rendre
tous les jours à la plage pour checker les vagues, le
surf est toujours sa raison de vivre ».
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- Siège
ultra moderne de Rip Curl
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- L'entrée
de Surf City à Torquay
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- Ouvrier de la
surf industry
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- Ici les profits Ailleurs
le travail ? - Si ces
chiffres font rêver, « c'est pourtant le secteur
touristique qui reste de très loin le premier employeur
de la région, nuance Beth Davidson maire de Torquay. Et
nous devons son dynamisme à la renommée de la plus
belle route d'Australie « The Great Ocean Road »,
plus qu'au secteur du surf ». Le fait que le logo Surf-coast
s'étale à longueur de dépliants et de panneaux
routiers ne fait pas oublier en effet, que ce sont des activités
fort classiques qui animent le tissu économique. Même
remarque au Musée du Surf, ou le conservateur Steve Clancy
nous confirme que « sur 10.000 habitants, seulement 600
à 800 travailleraient dans les entreprises liées
au surf ». Ainsi, le nombre d'emplois engendrés
par la dynamique surf-industrie serait très modeste en
regard de son chiffre d'affaires. Pas si étonnant, quand
on sait que la plupart des productions sont sous-traitées
en Asie. Chez Quiksilver, John Law avoue avec un brin d'amertume
: « il serait irréaliste de vouloir fabriquer nos
produits ici, car le coût du travail y est trop élevé
».
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- A gauche, le
Bird Rock Café, rendez-vous des surfers. C'est là
que travail Emilie, surfeuse canadienne (à droite)
|
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- Les immenses bâtiments
que nous avions cru être l'usine Quiksilver, ne sont en fait qu'une vaste gare de
triage pour des caisses et des palettes en provenance de Chine
ou de Taïwan. Ici, tous les salariés sont employés
à la conception, au marketing, à la communication
et à la vente de la marque. Même principe pour les
250 employés de Rip Curl, à l'exception notable
de la production des combinaisons néoprènes : «
Ces produits très techniques sont fabriqués dans
notre usine de Torquay par des ouvrières hautement qualifiées
» précise Brian Singer alors que nous visitons la
grande salle des machines à coudre. « Ici, tout
est collé et cousu à la main. C'est ce savoir faire
qui a fait la renommée de notre marque ». Mais pour
combien de temps encore, est-on autorisé à s'interroger
-
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- Mise au point
des prototype à l'usine avec les ouvrières
|
- Brainstorming
au bureau de style
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- On glissera en short à
Wall Street - Car même
au coeur de la Silicon Valley de la glisse, on s'interroge sur
le futur. Et ce n'est pas Maurice Cole qui démentira ce
vent d'inquiétude. Concurrencé par des surfs produits
en Asie à prix cassés, ce shaper reconnu cherche
des capitaux afin d'automatiser sa production (lire encadré).
Ainsi, que l'on fabrique des planches en résine, des wetsuits
en néoprènes, des shorts à pression ou des
chemises à fleurs, l'entrée dans l'industrie du
21e siècle nécessitera des investissements colossaux.
Comme dans le secteur des médias et télécoms,
un seul remède semble préconisée aux cuistots
de la finance par le grand livre du business universel : deux
mesures de recapitalisation, saupoudrées d'une pincée
de croissance externe. Les géants du surfwear s'apprètent
donc à se vendre en bourse, avant de faire leur marché
parmi les startups prometteuses du skate, du snowboard ou du
roller...
-
-
- Après
quelques allers-retours entre son agenda et celui de son assistante,
nous voilà dans le bureau de Doug (Claw) Warbrick en compagnie
de Brian Singer. Nous surplonbons la surfcoast Higway face à
la mer.
|
- Les images des
seventy's, les trophées, les affiches et les planches
dédicacées par les plus grandes légendes
du surf ornent les murs. De quoi rendre jaloux le musée
du surf de la ville.
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-
- Sur ce chemin, ils croisent
déjà d'autres géants, plus gros encore, venus du textile, du ski ou
de la chaussure. Comme réveillés en sursaut, ces
derniers sont très pressés d'investire cette opulente
bergerie, à l'image de Nike, qui après s'être
essayé au snowboard a racheté Hurley une marque
fondée par un ancien de Billabong USA. Tiens, tiens ?
La course semble bel et bien lancée, mais à l'heure
ou leurs fondateurs sont en âge de passer la main, les
fleurons du surfwear ne risquent-ils pas de perdre leur âme
et le secret de leur réussite dans cette fuite en avant
? Interrogés à ce sujet, tous leurs dirigeants
affirment avec assurance que leur implication en compétition,
leurs investissements en sponsoring et en développement
sont autant de gages de crédibilité auprès
de leur clientèle. Tous rappèlent également
- et à juste titre - que leurs managers sont d'authentiques
surfeurs reconnus par leurs pairs et surtout pas des administrateurs
planqués au sommet d'un bulding de Sydney ou New York.
-
-
- A gauche bureau
de style Rip Curl... Au centre Brian Singer et Doug (Claw) Warbrick.
A ses sandales et son tee-shirt élimé, personne
n'imagine que Brian Singer dirige une des plus grandes marques
du surf business. Il a un sourire modeste, son succès
n'a apparemment pas altéré ses qualités
humaines.
|
- A doite Brian
et Claw nous montrent leur premier surf siglé Rip Curl.
On les accompagne pour une tournée des pubs de Torquay
où ils retrouve quelques amis du coin qui n'ont probablement
eu la chance de voyager autant qu'eux.
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-
- Le Surf-spirit sera-t-il
soluble dans le marché ? - Reste une inconnue, et de taille ! Personne ne
saurait prédire la réaction du noyau dur des glisseurs
quand ils verront leurs valeurs se vendre en bourse. Et, bien
au-delà de cette tribu, comment réagira cette frange
d'adolescents qui inventent les tendances et dessinent les courants
de la société dix ans avant que les sociologues
ne les repèrent ? Jugeront-il l'esprit du surf soluble
dans le marché ? Capables de brûler sans prévenir
ce que leurs aînés ont adoré, ils sont des
millions de Sydney à Paris, de Rio à Tokyo à
avoir consacré le surfwear, sans avoir jamais mis les
pieds sur une planche ! En rejetant d'immenses griffes internationales
- telles Lewis ou Ray Ban - symboles désuets d'une Amérique
qui ne fait plus rêver, pour adopter les fringues des surfeurs
Australiens, ils ont revendiqué des valeurs authentiques,
écologiques et subversives. Insensibles au marketing et
libres de toutes manipulations, les surfeurs sont et seront toujours
faits de ce bois-là.
-
-
- A gauche, Claw
lors de la remise de la cloche à Handy Irons (ici en action)
qui emporte cette trentième édition.
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-
Les chiffres
reccord du surf business
Sur les cinq premières compagnies de surfwear, trois sont
australiennes et deux sont nées à Torquay... Pas
mal pour une tranquille petite bourgade d'où le soleil
s'absente la moitié de l'année. Toutes affichent
des objectifs de croissance entre 25% et 30% pour 2002, les surfeurs
hippies millionnaires (milliardaires pour certains) ne s'inquiètent
pas pour leurs retraites.
-
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- Quiksilver : 161 M d'euros de chiffre d'affaires
trimestriel début 2002. (250 M d'euros annuels en 2001
pour l'Europe).
Billabong :
229 M d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2001 (dont 25 %
en Europe).
Rip Curl :
200 M d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2001 (dont 60 %
en Europe).
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- Chiffre
d'affaire du surf français dans le Sud Ouest : autour de 610 million d'Euros pour 3000
emplois stables et autant de saisonniers, ce qui fait de la «
glissicone volley » le premier Pole européen de
la surf industrie.
-
- Nike
rachète Hurley 150 Millions d'Euros : Une grosse envie de glisse, voilà,
ce qui a dû pousser le numéro un mondial du sport
à racheter en février 2002 la marque Hurley. Crée
il y a 4 ans seulement par l'ex-distributeur américain
de Billabong, Hurley génèrerait quelque 75 Millions
d'Euros de chiffre d'affaires annuel.
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-
-
-
Maurice «
patron shaper » australien face à la mondialisation
Cet ex-champion de surf admet ne pas avoir toujours eu le sens
des affaires. Il est pourtant revenu au pays avec la volonté
d'y faire fortune. Exactement à mi-chemin entre Quiksilver
et Rip Curl, il a installé sa petite entreprise et sa
dizaine d'employés qui produisent 3.000 surfs par an.
Pourtant malgré ses trente ans d'expérience, notre
patron-shaper de Torquay se sent plus vulnérable que le
dernier des patron-pêcheurs de Quimper : désarmé
face aux surfs importés à bas prix du sud-est asiatique
!
-
- Les grosses compagnies qui produisent
les pains de mousse ne le livreraient plus comme avant et préféraient
alimenter la Chine ou Taiwan, où l'on shape à tour
de bras des planches bas de gamme à la finition impeccable
! D'après lui, un des plus gros distributeur américain
ferait déjà un chiffre d'affaires annuel de 55
millions d'euros en vendant 221 euros, des surfs chinois qu'il
acheterait 132 euros. Quant aux planches Australiennes, elles
seraient vendues aux States à 526 euros en magasin. Maurice
ne voit donc son salut que dans la mise au point d'un équipement
informatisé de très haute technologie qui lui permettrait
de produire à la chaîne des surfs de première
qualité, encore plus vite qu'un chinois. Il en possèderait
le secret, il lui reste à en trouver le financement. En
attendant, contrairement à certains « dinosaures
» du surf business (comme il dit), Maurice préfère
encore aller à la plage qu'au bureau...
-
- Pourquoi t'être installé
à Torquay ?
La capitale australienne du surf c'est historiquement Torquay.
Dans les années soixante-dix, il y avait déjà
Rip Curl, Quiksilver, Billabong. C'était la fin de l'époque
hippy, j'avais les cheveux jusque-là, je shapais une planche
par semaine, juste pour le fun et je gagnais 18 Euros. C'était
4 Euros par mois pour le loyer et 4 Euros pour bouffer, le reste,
je le gardais pour les voyages. En 1973 on a été
les premiers surfeurs à partir à Bali, il y avait
Wayne Linch, Nat Young, Brian et Claw de Rip Curl C'était
un vrai paradis ! Pour nous tous ce fut un choc qui nous a fait
tout remettre en question !
-
- Tu as vécu à Hossegor,
quelle différence avec Torquay ?
Enorme différence ! Même si le business a explosé
ces dernières années sur la côte Basque,
la culture française rend la vie plus agréable,
c'est quelque chose qui me manque aujourd'hui. C'est la-bas que
j'ai passé la meilleure période de ma vie : en
Australie on travaille beaucoup plus dur que chez vous. La-bas
je passais 80 % de ma vie en famille ou à chercher des
« secret spot » avec Tom, Marc et Barton (ndr : Curren,
Ochilupo, Lynch). Ici tout ça n'est plus possible.
Mais rien ne t'oblige
à travailler autant !
Pas le choix ! J'ai monté un business, il y a de plus
en plus de surfeurs et un marché important à fournir.
Les surfeurs ici ont l'habitude de changer de surf 2 fois par
ans, ils en cassent pas mal et considèrent leurs planches
un peu comme des rasoirs jetables. Ici, on surf toute l'année,
alors qu'en France la saison va d'avril à fin novembre,
ensuite les gens vont skier... En plus 90 % de la population
Australienne vit sur la côte. Parmi eux 10 à 15
% pratiquent le surf : tout sportif fait aussi un peu de surf.
-
- Combien
produit-on de surf en Australie chaque année ?
Dans les 100.000 boards, principalement en Queensland où
beaucoup de shapers sont installés. On fabrique la-bas
dans les 35.000 surfs, contre 15.000 dans la région de
Torquay. Il se vendrait environ 1 million par ans dans le monde
chaque année Et moi je n'en fabrique que 3.000 à
3.500, ah ah ! Pas si mal au fond, car mes surfs sont un peu
plus chers que la moyenne ! Aujourd'hui, je préfère
sortir moins de surfs, mais de meilleure qualité. Alors
qu'il y a 5 ans, j'en faisais 5 à 6.000 par ans principalement
pour l'exportation. Et je voyageais beaucoup pour en faire la
promotion, comme Chirac avec les Airbus !
-
- Tu
exportes toujours la majorité de ta production ?
Oui, principalement au japon. La-bas, ils n'ont pas vraiment
de grosses cuisses, alors je leur fais des planches un peu plus
larges, plus volumineuses avec des dérives plus petites.
C'est un marché très intéressant : chez
nous un surf coûte dans les 318 Euros, alors qu'au Japon
c'est dans les 1600 Euros. En plus, le dollar Australien a beaucoup
chuté par rapport au dollar US, ce qui nous avantage par
rapport aux shapers américains. L'Australie a dû
exporter dans les 50.000 planches cette année.
-
- Vas-tu
essayer de te diversifier ?
Non, ma devise, c'est « Just surfboards » ! J'ai
pris une grosse leçon, il y a quelque année à
vouloir vendre des tee-shirts, des vidéos, et diverses
choses Et j'ai perdu tout mon argent ! Aujourd'hui, back to the
roots, j'ai appris à me concentrer sur ce que je sais
faire ! On est une dizaine à travailler ici et ça
suffit. J'ai également concédé des licences
de ma marque dans le Queensland et en France
-
- Combien
gagnent tes employés ?
Chez moi ils gagnent à peu près 18.300 Euros par
ans (120.000 F), c'est-à-dire plus que la moyenne dans
les autres boîtes du coin.
-
- Es
tu devenu riche en shapant des surfs ?
Riche ? Non Du moins pas du point de vue de l'argent. J'aurais
pu être riche, si je n'avais pas tout perdu dans le business
de la vidéo et du surfwear
-
- Tu
ne préfèrerais pas être en retraite et aller
surfer un peu plus ?
Non, je crois que je suis bien comme ça. Si j'étais
en retraite je dépenserais tout plein d'argent à
m'acheter une super bagnole, un avion privé, des trucs
comme ça. Non, ce que j'aime c'est bosser avec les jeunes,
et les un peu moins jeunes, comme Sunny et Ochi
-
- Et
l'avenir ?
Imagine que l'on fabrique les surf en 2002 exactement comme dans
les années 60. Il va falloir trouver des pains de mousse
plus légers, plus solides et surtout mettre au point une
machine à shaper pilotée par ordinateur. Pour ça
on va se regrouper avec les shapers du coin pour investir. Car
un changement important est en train de se produire et l'innovation
sera notre seule chance de tenir le choc.
-
- Le
choc ?
Oui on souffre déjà de la concurrence du sud est
asiatique. Par exemple les grosses compagnies qui fabriquent
les pains de mousse ne nous livrent plus : elles fournissent
en priorité la Chine, Taiwan, la Thaïlande, où
ils fabriquent des planches beaucoup moins chères. Leurs
shapes ne sont pas très jolis, mais la finition est impeccable.
On est victimes de la mondialisation comme toutes les petites
boîtes qui sont bouffées par les grosses industries
!
-
- Penses
tu que le marché du surf va grandir encore ?
Oui partout. Il faut savoir que 70 % du marché est constitué
de planches bas de gamme, ce que l'on doit faire maintenant en
Australie, c'est s'attaquer à ce créneau en gardant
les marges que l'on a sur le haut de gamme.
-
- Mais
le nombre de vagues n'augmente pas lui, où vont surfer
tous ces gens ?
Ben ils se lèveront plus tôt pour aller surfer !
On trouvera de nouveaux spots et les gens voyageront un peu plus.
Quand j'habitais en France, les locaux n'allaient jamais surfeur
avant 9 h et s'arrêtaient à 17 h pour aller prendre
l'appéro. Ici en Australie, on se lève à
l'aube pour en profiter !
-
- Et
si la mode du surf passait soudainement ?
Impossible chez nous ! Les gens continuent d'être tournés
vers la mer et pas vers l'intérieur des terres Quoi de
plus simple, un short, un surf ou même un bodyboard ! Non,
je ne vois pas ce qui pourrait détourner les gens du surf.
Sauf si un jour, on ne pouvait plus du tout sortir du tout dehors
à cause du trou dans la couche d'ozone
-
-
-
Ou achète-t-on
le plus de surfs ?
Ce n'est pas forcément là où il se vend
le plus de tee-shirt que l'on pratique le plus le surf. D'ailleurs
les chiffres de ventes annuelles de planches nous conduisent
à nous poser certaines questions. Pourquoi la Floride
est-elle un des plus gros marché du surf US, alors que
les vagues y sont plutôt rares ? Les japonais décorent-ils
leurs cheminées avec des surfs ? Comment font les shapers
australiens pour exporter les deux tiers de leur production ?
-
|
- États-Unis
: 500.000 surfs vendus
par an au prix moyen de 425 Euros
-
- Brésil
: 130.000 surfs vendus
par an au prix moyen de 213 Euros
-
- Australie
: 100.000 surfs vendus
par an au prix moyen de 318 Euros (ils s'en servent on a vérifié)
-
- Japon
: 50.000 surfs vendus
par an au prix moyen de 1600 Euros (on a du mal à le croire)
-
- France
: 15.000 surfs vendus
par an (pas fous les Français préfèrent
aller au ski)
-
- Monde
entier : on estime à
1 million le nombre de surfs vendus annuellement dans le monde
|
-
-
-
Sunny Garcia
trois fois vainqueur du Bell's Beach Rip Curl Pro
S'il est une star sur le world Tour, c'est forcément l'américain
Kelly Slater. Mais s'il existe une légende, c'est sans
conteste l'Hawaiien Sunny Garcia qui, outre son titre de champion
du monde en 2000, gagna trois fois ici à Bell's Beach.
Il nous donne son avis sur le spot.
En seize années sur le tour et 36 victoires, Sunny Garcia
a accumulé 861.580 US$ de prize money. Lors de l 'édition
2001, le lion de Makaha n'avait rien pu faire, face à
la fougue d'un jeune loup à la vitesse exceptionnelle
dont on a pas fini d'entendre parler : l'Australien de 20 ans
Mike Fanning, qui surfait sa vague préférée,
là-même ou son sponsor Rip Curl était né,
il y a plus de trente ans. Premier signe d'un changement de génération
? La fin de la saison 2002 apportera peut-être la réponse.
Mais en terminant second à Bell's lors de cette édition
2002 (devancé de peu par un Andy Iron's au sommet de sa
forme et apparement en route pour la consécration annuelle),
Sunny a montré qu'il faudrait encore compter sur lui.
-
- Quand
es-tu venu pour la première fois à Bell's Beach
?
C'était en 1886. Aujourd'hui c'est la dix-septième
fois que je surf ici. La vague ressemble un peu à mon
break de Makaha, sauf que l'eau est froide. Mais tu peux avoir
froid partout, même à Hawaii. Ici quand ça
devient gros, c'est une vague très puissante, tout le
monde pense que le swell à Hawaii est plus puissant, mais
n'importe quelle vague devient puissante quand elle grossit.
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- Tu
as gagné trois fois ici, c'est une compétition
que tu apprécies ?
Oui, c'est toujours agréable de gagner ici et de faire
sonner la cloche, c'est une des étapes les plus prestigieuses
du circuit mondial que tout le monde admire. Mais ce que j'aime
le plus bien sur, c'est gagner à la maison en face des
hawaiiens.
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- Est-il
possible de s'amuser dans cette petite ville de Torquay ?
Tu sais je viens ici surtout pour surfer, alors je n'ai pas beaucoup
le temps de sortir. Pourtant les gens du coin sont vraiment très
accueillants.
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- Tu
connais Brian et Claw les créateurs de Rip Curl depuis
longtemps je crois ?
Oui je les connais depuis très longtemps, j'ai eu l'occasion
de passer pas mal de temps avec Claw quand j'étais plus
jeune et que je surfais pour Rip Curl. Aujourd'hui encore j'apprécie
leur professionnalisme sur l'organisation de ce contest. Ils
s'assurent que tout se passe bien pour les coureurs et que nous
sommes accueillis dans les meilleures conditions. Par exemple,
si cela s'avère nécessaire ils n'hésitent
pas à déplacer toute la compétition sur
Johana Beach pour nous offrire de meilleurs vagues.
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- Que
penses-tu du jeune Mick Fanning ?
Tout ce que je peux dire c'est que c'est un incroyable rocky.
Il est extraordinairement rapide et dynamique sur l'eau, il a
des réflexes étonnants et se déplace très
vite sur la vague. Il est aujourd'hui un des meilleurs surfeurs
du monde.
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- Pense-tu
qu'il sera le meilleur de la nouvelle génération
?
C'est très prématuré de le dire, c'est un
très bon surfeur, mais les bons surfeurs, ça va,
ça vient. Tu ne peux pas dire combien ça va durer
! Je pense à Nicky Woods qui adolescent était un
très bon surfeur de mon age et qui a plus ou moins disparu.
Mais au jour d'aujourd'hui, Mick a l'air en pleine forme.
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Les salaires
secrets des champions du world tour
Un circuit de compétition professionnel richement doté
comme l'est celui de l'ASP (Association of surfing professionals)
est la vitrine opulente d'une industrie qui se porte bien.
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- En
2002, se dérouleront 12 étapes professionnelles
masculines, dotées
chacunes de 250.000 à 300.000 US$ de prize money, sans
oublier six étapes féminines dotées de 60.000
US$. Fidèle au rendez-vous de Bell's Beach, le triple
vainqueur de l'épreuve et Champion du monde 2000, l'Hawaïen
de Makaha Sunny Garcia est un des surfers les plus riches. Il
a été surnommé par les australiens «
l'homme qui ne sourit jamais », pourtant avec son nom immortalisé
par un jeu vidéo mondialement diffusé et ses 861.580
US$ de primes de courses accumulées, d'autres garderaient
le sourire.
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- Ce
chiffre communiqué par l'ASP n'inclut évidemment
pas les contrats de sponsoring dont
les montants mirifiques restent désespérément
secrets. L'Australien de Sydney Marc Occhilupo Champion du monde
en 99, fait lui aussi partie des surfeurs les mieux payés,
avec ses 682.253 US$ de gains et son contrat avec la seconde
plus grande marque mondiale de surfwear, Quant au quintuple champion
du monde Kelly Slater entré chez Quiksilver en 1992, on
parle de 1 million de dollars annuels.
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- A gauche : Sunny
Garcia et Handy Irons sur le podium du Bell's Rip Curl Pro. Au
centre Mick Fanning vainqueur de l'édition 2001. Cet Australien
de 20 ans est l'étoile montante du circuit. Pas facile
de le coincer lors de ce Bell's Beach Pro 2002, car tous les
médias se l'arrachent. Pressenti comme la relève
probable des Slater, Garcia et autres Ochilupo, il est l'homme
à abattre et une sacrée pression pese sur ses épaules
(apparement solides). A doite Marc Occhilupo prends son breakfast
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B1 et B2, surfeurs
webmasters de www.ripcurl.com
Rien ne permet de les distinguer de la plupart des ados du coin.
L'uniforme du rider aussie est la règle à Torquay
: Jean extra baggi pas trop net, casquette à l'envers
et accent à couper au couteau.
On les appèle B1 et B2, car Brandon Downs 27 ans et Brandon
Mc Aloon 28 ans traînent toujours ensemble. La légende
locale veut que leurs horaires soient libres et leur permet de
quitter le bureau à n'importe quelle heure si les vagues
sont bonnes. Mais ils affirment êtres capables de passer
12 heures par jour derrière leur mac en cas d'urgence
(ici, fuck Windows). Pour vivre sur le spot de Bell's, le premier
a quitté un job surpayé dans une startup de Melbourne
et le second une place de journaliste dans un grand quotidien
australien. Leur motivation est de voire leur site primé
meilleur site de glisse par les césars locaux du net.
Ils ont terminé second la dernière fois, en vl'a
d'la graine de startup !
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- Quel est votre job ici ?
Je suis webmaster du site Rip Curl international (Brandan Downs
= B1). Je crée l'aspect graphique du site et gère
sa techno. B2 (Brandon Mc Aloon) lui est journaliste, il en écrit
tout le contenu et il y a Marty James qui monte et met en ligne
les vidéos. On a reconstruit entièrement le site
cette année, maintenant dans chaque pays, chaque filiale
possède un webmaster et un journaliste. Pour les Etats-Unis
et l'Europe, on fourni l'architecture générale
et une interface qui permet aux responsables locaux de mettre
en ligne les infos traduites dans leur langue.
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- Proposez-vous
un shop en ligne ?
Non, mais on y trouve le catalogue de tous les produits disponibles
dans chaque pays et l'adresse de tous les shops. Rip Curl s'est
développée essentiellement grâce aux surfshop,
alors nous veillons à ne pas les défavoriser. D'ailleurs,
nous avons un certain feedback de leur part comme quoi les acheteurs
de produits techniques, en particulier les combinaisons ou les
montres ont préalablement effectué leur choix sur
le site.
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- Comment
assurerez vous la couverture du Bell's Beach Pro ?
On a monté un microsite en collaboration avec l'ASP qui
offre de la vidéo en streamer et toutes les infos en temps
réel. On a environ 700.000 hits pour 40.000 visiteurs
par jour, le site est entièrement fabriqué sur
Mac et hébergé en ASP, on va de plus en plus l'enrichir
en Flash et vidéo.
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- Comment
ça se passe le boulot chez Rip Curl ?
Quand t'es dans le web c'est non-stop ! Mais ce n'est pas rare
que j'aille surfer le matin si les vagues sont bonnes et je reste
plus tard au bureau. Avant à Melbourne, je bossais dans
un studio multimédia : je ne faisais pas plus d'heures
mais je n'avais aucune liberté de m'organiser. Le plus
veinard, c'est B2 qui à la chance de voyager pas mal pour
alimenter le contenu du site. Il lui arrive de suivre les coureurs
sur les compétitions ou les trips photos comme en Indonésie
ou aux Canaries... Enfoiré !
Comment expliquer
le rassemblement de toutes ces surf-compagnies ici ?
Rip Curl, Quiksilver, Billabong, Reef, Oakley, Dragon, Full Bore,
Maurice Cole, Rojo et encore des tas d'autres plus petites. Difficile
à dire : l'ambiance, les vagues, la variété
des plages. Mais aussi des raisons historiques, dans les années
soixante ils n'utilisaient que des malibus, peut-être les
vagues d'ici sont elles plus adaptées à ce type
de planche que celles du reste de l'Australie ?
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- Comment
se passe la vie à Torquay ?
Il faut accepter un certain sacrifice au niveau du salaire entre
un job ici dans le surf et son équivalent à Melbourne,
surtout dans le développement, le marketing ou la com.
Du coup, beaucoup de gens habitent ici et font deux ou trois
heures de voiture pour aller travailler à Melbourne Et
beaucoup de gens de Melbourne viennent ici le week-end, ou se
font construire des maisons. Ces dernières années
Torquay s'est beaucoup développée, il y a quelque
temps ils nous ont même installé des feux rouges
!
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Professional surfer is not an easy job !
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- Tout ce que vous avez toujours
voulu savoir sur les surfeuses sans jamais avoir osé le
demander, combien sont-elles, que mangent-elles, combien gagnent-elles,
se reproduisent-elles ? Enquête à Fiji lors du Roxi
Pro, étape du circuit WCT dotée de 70.800 US$ de
prix.
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Gringos surfers en Baja California
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- A reportage commissioned
by VSD in august 2002 about a surf community in Mexico. Back
to the roots of surfing history
en Baja California...
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- © Jean François
VIBERT - Journalist and photographer - Paris -
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- Specialised in travels, extrems
sports, leisure activities, adventure trips, outdoor sports,
deserts and mountains... Trekking, ski, snowboard, mountain,
bike, sailing, scuba diving, hiking, in line skating... Texts
and pictures for the press and the web, illustration, digital
photography, reportages...
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- Journaliste photographe - Spécialiste
des voyages, des sports de glisse, des loisirs, de l'aventure,
de l'outdoor, des déserts, des montagnes. VTT, trekking,
ski, snowboard, parapente, voile, plongée sous marine,
randonnées, roller in line... Textes et photos pour la
presse et internet, illustrations, photographie numérique,
reportages...
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